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ACTION ENFANCE CAMBODGE

Blog officiel, Association humanitaire loi 1901

Fêtes de Pchum Ben

Publié le 28 Septembre 2011 in Art culture et traditions

 

  Le Cambodge célébrere le Pchum Ben  

 

Le Cambodge célébrera cette année le Pchum Ben, fête traditionnelle des morts, le mardi 27 septembre.

En référant au mot sanskrit « Binda » qui signifie les boules de riz qu’on offre aux mânes pour la  création de leur corps spirituel après le décès, on peut comprendre tout de suite la terminologie « Ben », en khmer, précédé d’une particule « Pchum » signifiant « rassembler », dont le couple forme un composé Pchum Ben.

Le Pchum Ben est une fête traditionnelle des morts que célèbrent presque tous les Cambodgiens vers le quinzième jour après le Kan Ben qui commence du 1er jour au 14ème jour de la lune décroissante du mois de Photrobot du calendrier lunaire où le ciel est voilé de grisaille due aux nuages des pluies. Le Kan Ben est réservé au culte des morts pendant lequel Yâma, Roi des Enfers, monté sur un buffle, libère les âmes jugées coupables pour qu’elles viennent rejoindre un temps leur famille qui, d’après les mœurs et coutumes khmères, n’oublie jamais d’apprêter des mets et de confectionner des gâteaux tels que le Num Ansorm et le Num Korm faits respectivement du riz gluant additionné du lait de coco et garnis des ingrédients divers à l’intérieur et enveloppés par les feuilles de bananier cuit dans de l’eau bouillante et de pâte du même riz garnie à l’intérieur de la chair de coco sucrée, emballée également par les feuilles de bananier, mais cuite à la vapeur.

 

 

 

 

D’aucuns disent que les âmes des morts, après avoir cherché des offrandes en vain dans sept pagodes, maudissent leur famille.

Les bouddhistes, jadis imprégnés de sermons du Bien heureux, doivent offrir une partie de leurs préparatifs en mets ou en gâteaux à leurs parents dus à l’injure des ans avant même d’en aller offrir les restes aux bonzes au jour de la dernière quinzaine des morts. Souvent le chef religieux les conseille : « Les parents sont le Bouddha de chaque famille; il faut leur en offrir une partie avant qu’ils donnent ces mets aux moines ». Cette coutume avait lieu depuis l’antiquité où les Cambodgiens convertis dans le Brahmanisme croyaient que l’Atman, l’âme, de chaque personne, après le décès, circulait à travers le cycle de l’Océan de la transmigration des âmes et s’incarnait de nouveau s’il était encore imprégné des actes malsains, des souillures qui ne permettaient pas d’atteindre la délivrance complète où l’Atman, par la pratique de Yoga ou de tapas au moment où la personne était vivante, puis sans difficulté rejoindre le Brahman qui est le Dieu suprême.

 

 

 

 

 

Des inscriptions du Roi Yaçovarman 1er, fin du 9ème siècle, nous apprennent que, dans les nombreux couvents par lui fondés, on offrait chaque mois les boules de riz (Bay Ben) aux mânes dans le combat, aux âmes délaissées. Comme de nos jours, les campagnards plutôt que les citadins continuent à confectionner les boudins de riz gluant cuits dans du lait de coco mêlés d’ingrédients variables que sont les Bay Ben. On les dispose sur un plateau autour d’un gâteau fait du même riz dont la forme est pointue qu’on nomme le Bay Battbor qui est recouvert d’un cône de feuilles de bananier tronqué au sommet où l’on piqua des fleurs, les baguettes d’encens et une bougie.

D’habitude, le Bay Battbor est laissé à la pagode tandis que les Bay Ben sont ramenés à la maison; car chaque famille préfère célébrer chez elle une cérémonie consacrée aux esprits de leurs ancêtres avec les Bay Ben dans la nuit de la dernière quinzaine sous forme de banquet auquel participent des amis et connaissances. Souvent, en hommage du Bouddha, les Cambodgiens préparent une pyramide florale ornée de fleurs en clinquant et en papiers multicolores et surmontée d’une image d’oie sacrée, le hamsa qui à son tour soutient un cierge, dans la salle de fête de la pagode qu’est le Dharma-Sâla. Cette pyramide florale se nomme le Phka-Ben (fleur de Ben).

Le dernier jour du mois de Photrobot, le 15ème jour de la lune décroissante, a lieu le Pchum Ben, jour le plus important. La veille, chaque famille cambodgienne, s’applique à la confection des friandises à base de riz gluant jadis mentionnées et des mets divers pour en offrir une partie aux vieux parents et le reste aux bonzes, aux amis et connaissances; alors les esprits de morts peuvent en avoir leur part en vertu du Dharma (la loi) officié par des moines ou des bougies allumées et baguettes d’encens. Alors les villageois, les citadins, surtout les vieux, se rendent à la pagode pour écouter des sermons quand la nuit vient et durant laquelle a lieu la célébration religieuse où les bonzes chantent les psalmodies.

Dans certaines régions du pays, on célèbre certains rites en souvenir du Grand Départ de la vie de princière de Siddhârtha (futur Bouddha) pour l’ascétisme afin de rechercher un remède aux maux des hommes et de la préparation d’un mets fait des ingrédients les plus purs, madhu-pâyas, qu’une jeune Sujâtâ offre au Bouddha.

Quand le jour va poindre à l’horizon, les fidèles quittent pour un instant la pagode et y reviennent avec leur famille en portant soit à l’épaule, soit sur la tête, soit à la hanche, soit en voiture, des mets, des gâteaux, des offrandes, y compris le Bay Bettbor et les Bay Ben, qui sont préparés avec d’autant plus de soin. Le même jour, vers midi, on fait le Bangsukôl en demandant aux bonzes de réciter les prières pour le repos des âmes après avoir cédé tous les mets et friandises aux moines.

De nos jours, entre-temps de la célébration religieuse, dans certaines pagodes, on invite des solistes de guitare à deux cordes à long manche recourbé à chanter des proses relatives à l’édification et à la défense du pays ou au progrès remporté par nos patriotes ou aux exploits de tels héros historiques ou légendaires pour rendre la fête aussi solennelle que possible. La fête sera terminée le même jour dans l’après-midi. La nuit sera le petit banquet offert aux amis de chez-soi. Le lendemain, dans certains quartiers, les gens préparent des offrandes pour le génie protecteur du sol pour la prospérité des moissons.

Les fêtes sont finies, mais le dur travail des champs va se poursuivre dans un espoir positif avec un bon rendement après la récolte.

 

source

AKP agence Kampuchea presse

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